Newsletter Trimestriel




Editorial
Comment être certain que mon chèque sera bien utilisé quand je fais un don ? Chacun s'est un jour posé la question devant la pile des appels à la générosité venant de toutes sortes d'associations humanitaires, quand la mise au jour de détournements et d'escroqueries fait peser le soupçon sur l'honnêteté de tous les groupements caritatifs.
Donner généreusement à un organisme n'exclut pas certaines précautions. Le " Comité de la charte " donne une idée des questions fondamentales à poser pour s'assurer du sérieux de l'entreprise ; ainsi, il est nécessaire de connaître le descriptif des missions servant la cause, avec les réalisations concrètes qui en affirment la cohérence. Tout ceci peut être vérifié par le rapport d'activité et financier annuel de l'association concernée.
La personnalité des adhérents et des membres du CA, la capacité d'ouverture à d'autres instances partenaires et la clarté des informations sont d'autres facteurs de confiance.


Je mets ma confiance dans l'équipe de HELP, cette petite unité qui réalise à Kavali et Kandukur une utopie tenue à la force du poignet depuis près de quatre ans. Je m'appuie sur la qualité et l'engagement de groupes locaux en France et de personnes qui se battent pour une cause que Gandhi lui-même aurait défendue, celle de personnes trop délaissées, trop ignorantes pour avoir conscience de leur capacité à vivre debout.
Se renseigner sur HELP ? Rien de plus facile, à tout moment : le site est constamment réactualisé, avec toutes les données souhaitables ; les mails sont quotidiens et les actions en France comme en Inde se multiplient.
HELP France est la base arrière de l'équipe de Kavali. Son objectif est de soutenir financièrement et moralement l'action des Centres de soins, au jour le jour, et dans le long terme. Pour entrer dans la réalité de leur vie quotidienne en Inde et connaître la qualité de leurs interventions, rien de tel que le contact direct avec les acteurs sur place. Mais quand les acteurs se déplacent pour venir à nous, c'est une chance à ne pas manquer.
En juin, Sambamurthy, dit Sambu accompagnera André pour un tour de France. Il se définit modestement comme " Secrétaire " mais il partage largement la responsabilité de l'action. André le définit comme " la pierre angulaire de tout ce qui se réalise " (Regards sur le sida en Inde, p. 93). Nous lui souhaitons des rencontres aussi intenses que celles vécues à son contact à Kavali.

Trois actions menées à Bordeaux, Toulouse et Onet le Château -Marwill Huguet, Noya Hellin, Maguy et Jean Salabert.



HELP France : activités



L'hiver n'a pas rebuté les membres de l'association : des manifestations à court ou long terme ont été menées ou préparées par des adhérents motivés. Leur but ? Faire connaître une Inde cachée sous les paillettes de Bollywood et de la Croissance, et inciter le public à partager des actions de HELP.

De Toulouse et Onet le Chateau à Metz, du midi ou de Bordeaux à Boulogne sur mer, l'énergie dépensée à Kavali se voit relayée en France. Nous, les membres de C.A., sommes souvent étonnés d'apprendre les initiatives locales d'adhérents discrets qui fédèrent d'autres organisations conquises par le rayonnement de l'action menée en Inde.

Ce dimanche matin, nous apprenons que, pendant que s'agitent à l'écran les vedettes du Sidaction, Metz " a encore frappé " avec une exposition dans une localité voisine !
En juin, nous aurons la joie d'accueillir Sambu avec André en France, à des dates non encore précisées pour des problèmes de visa. Après quelques visites à Paris, il rencontrera le groupe de Metz et fera une halte chez les Ch'tis, à Villefranche de Rouergue et à la Rouquette. Nous comptons sur eux pour

l'ASSEMBLEE GENERALE
du samedi 19 juin à METZ

où nos amis nous ont préparé une superbe fête dont voici déjà le programme :

" Nous préparons les invitations pour la soirée de l'AG du samedi19 juin.

Elle commencera à 19 heures par un apéritif indien préparé par Marie Hélène et nous mêmes suivi par une présentation de Help India (Catherine, André, Sambu et moi ou Bernard) ; suivra un repas indien ; un groupe de 3 musiciens, clarinette batterie piano animera la soirée.

Nous avons suffisamment de couchages pour les membres de HELP. Reste à savoir qui vient et quand. Je propose à André que l'on se retrouve chez nous à Marly le vendredi 18 au soir pour préparer l'AG.

La veille le jeudi il y aura à l'Hôpital Bon Secours de Metz une réunion du réseau Hépatites VIH Lorraine où André Catherine et Sambu interviendront.

Nous souhaiterions pouvoir exposer aux Récollets les photos du livre, qui sera vendu au cours de la mini expo le soir du 19 juin. Nous aimerions pouvoir trouver un créneau pour une radio samedi AM ou dimanche.

Nous espérons pouvoir faire sortir un article sur le Républicain lorrain à l'occasion de l'AG. Voilà résumés nos quelques projets... " Francis Haultcoeur


Catherine sera présente en France entre le début d'avril et septembre. Elle ne va pas chômer, avec la réouverture de la boutique, et la préparation de plusieurs expos :

Villefranche de Rouergue,
église des Augustins
du 28 mai au 12 juin,
avec deux points forts :
* le 11 juin, concert donné par une cantatrice amie de Maguy et Jean Salabert,
* le 12 juin, rencontre-diaporama avec Sambu et André avant la clôture de l'expo.

Valbonne (près d'Antibes)
" salle Saint-Esprit "
place de l'Eglise (Saint-Blaise)
Du 2 au 18 juillet
Des animations sont prévues par l'association Art tisse qui reçoit l'exposition.




LES Fans de HELP France ont des idées

Trois chanteurs donnent un concert dans une MJC qui assure les frais du spectacle. Repas indien, spectacle de danse indienne, séances de signature du livre "Regards sur le sida en Inde". Participation à des expos de groupe. Heure du conte avec lecture d'histoires tirées du livre. Projection d'images de voyage à Kavali, diaporama pour écoles d'infirmières ou de travailleurs sociaux.

Sans compter tout le travail médiatique dans divers courriers des lecteurs, mails - et même livre -- envoyés aux radios (France Inter, 5 janvier, Carnets de Campagne ; relances à des personnalités (Jeffrey Morey, Carla Sarkozi, Line Renaud, le professeur Luc Montagnier…), comme autant de bouteilles à la mer.

Et tout le travail créatif de couture, de pâtisserie, et de présentation des toiles, pour les rendre encore plus attractives.



Un message de Catherine la recherche de salle est une préoccupation, et il sera bon d'en avoir toujours plusieurs sous la main. Jusqu'a ce que nous ayons un an d'expos programmées à l'avance.

HELP INDIA

Vous avez dû recevoir la Lettre de Kavali de février, avec son panorama sur le Sida vécu en Inde et chez Help India (à retrouver sur le site). Cette approche très éclairante permet de situer les histoires du livre publié récemment. (Regards sur le sida en Inde). Depuis sa sortie, deux nouvelles " histoires " ont suscité la réflexion d'André et Sambu.

Vasundara habite à une heure de bus de Kandukur. Elle.est venue au centre de Kandukur en Mai 2009, peu après la mort de son mari. Elle est séropositive et résiste à l'idée de faire tester ses deux enfants. Pourtant, sa fille de 15 ans, Jyothi, finit par accepter ; elle doit être mise rapidement sous traitement ARV.

Malgré une belle intelligence, elle a dû arrêter ses études, car la famille issue pourtant d'une haute caste est très pauvre. Le frère de 17 ans, promu " chef de famille " leur est une charge. Mère et fille " se vendent " à la journée dans les champs de tabac ; nous savons les risques d'exploitation sexuelle et autre que cela représente pour Jyothi.

L'équipe de HELP propose de l'écarter de cet environnement pesant et risqué, en l'engageant à l'atelier H3K. Elle semble douée et se débrouille en Anglais. Reste le problème de la distance entre son village et Kavali.
Jyothi nous arrive le 17 mars, sans même nous avoir prévenus : elle est trop pressée de commencer. Maryia au grand cœur propose de l'héberger en attendant mieux ; dès son arrivée à l'atelier, elle est l'enfant de la maison.
Souhaitons cependant que le salaire des champs de tabac n'incite sa mère à perturber le projet.


Cette réponse à la situation de Jyothi illustre à la fois le souci de donner sa chance à une adolescente et la solidarité du groupe face à l'urgence.

Nous travaillons avec Sambu sur l'idée d'engager une deuxième jeune fille de son âge et Sambu mettrait à leur disposition une chambre à côté de sa maison, à laquelle elle aurait aussi accès.

Mais le travail de HELP, c'est aussi le respect de la liberté des patients soumis à la force de la famille et aux aléas de la maladie. " Exemple : la semaine dernière Jyothi a eu une infection ; nous avons dû la traiter et la renvoyer en repos chez elle…".

Rien n'est acquis définitivement. Voilà pourquoi la " présence " des membres d'HELP France auprès de l'équipe - par mail ou autres - est encore plus nécessaire pour soutenir leur courage devant l'échec que pour nous réjouir avec eux des réussites !

N'oubliez pas d'adresse du site HELP





Cette histoire est exemplaire de la situation des enfants (même épargnés par le VIH), des filles surtout. La séropositivité des parents leur barre l'accès à l'école. Il faut payer un établissement privé si l'on veut que les filles soient scolarisées normalement. Après le soutien à Mounika, (en pension loin des siens depuis un an), un nouveau projet a pris corps.
En Juin nous démarrons, pour 3 jeunes filles de Kavali un projet école à Kandukur, avec hébergement et suivi.
L'idée serait que des amis français assurent un soutien personnalisé, financier et moral, pour ces adolescentes. Comme le dit André, pour remplir ce service, Nous allons donner prochainement un coût moyen pour le support scolaire que nous allons mettre en place ; ce sera aux volontaires de se situer par rapport à ces besoins.

Toutes ces propositions seront débattues à l'Assemblée générale de juin.

La langue anglaise a des mots simples pour dire les deux niveaux de l'action sur le terrain : " CURE " recouvre les soins médicaux, donnés d'abord au dispensaire et à l'hôpital.
Le second volet des besoins, " CARE ", signifie le soutien psychologique et l'accompagnement de proximité du patient. Déjà présent depuis le début de HELP, l'action psychologique et sociale devient encore plus urgente avec l'histoire de Babi.

Amulia et Babi (dans le livre, p.28) ont perdu leur mère il y a deux ans : veuve et sans travail depuis qu'on la savait séropositive, elle a refusé les soins et fini par en mourir en les laissant orphelins, à 12 ans et 8 ans.
Leur grand'mère, issue d'une sous-caste, vit de presque rien. Elle les recueille pourtant, bien que porteurs du VIH.
Il y a environ un mois, les travailleurs sociaux Rupa et Brahma, au retour d'une tournée dans les villages, nous signalent la dégradation de l'état de Babi : il souffre d'une dermatose très importante et d'une infection buccale l'empêchant d'avaler quoique ce soit. Pire, il refuse tous les soins et se débat, empêchant l'injection d'antibiotiques.
Sambu et moi-même y allons pour découvrir Babi, couché en position fœtale au fond de la petite case, par près de 40° à l'ombre. " Il se comporte comme sa maman, me dit Sambu, et il a pris exactement la même place ".

La grand-mère finit par le faire sortir ; il n'est qu'une plaie, il a la peau sur les os et une gorgée d'eau ne passe pas. Les femmes présentes et Amulia sont impuissantes devant ce désespoir.
Impensable de le laisser mourir. Malgré lui, le lendemain, nous le faisons hospitaliser, pour le soigner sous somnifère. Nous trouverons une solution pour le mettre plus tard sous ARV thérapie.
Le 29 mars, voici ce qu'écrivait André :


Visité Babi à domicile, ce jour, il va très bien, il mange de nouveau, et il joue... un miracle pour l'instant... à suivre... nous allons le faire voir par le psychiatre régulièrement.

Le cas de Babi incite à repenser le mode d'action, avec une implication plus grande dans le travail social. Car il ne suffit pas de sauver une vie, il faut que pour Babi la vie vaille la peine d'être vécue : c'est un engagement pour des mois, voire des années, qui est pris par l'équipe avec un tel geste.

A partir d'août, nous allons augmenter nos équipes de terrain, en quantité et qualité. Sambu et moi-même avons décidé de visiter plus de familles, car c'est là que nous découvrirons les réalités qui ne peuvent être ni vues, ni dites, en 15 ou 20 minutes de visite médicale au centre.

Cette décision aussi doit être débattue à l'Assemblée générale car, s'il est vrai qu'un tel engagement a un coût, il s'agit d'un enjeu important pour l'avenir de HELP.


R E M Kandukur

Le centre REM de Kandukur, installé dans la grande maison rose, a déjà vu passer beaucoup de monde. A la fin de mars, Vijayakumari, la responsable du Centre, signale l'enregistrement de 229 patients depuis l'ouverture en mai dernier(A Kavali, qui a trois ans d'existence, on compte 315 inscrits).

Chaque consultation amène davantage de nouveaux patients, et on doit refuser ceux qui viennent de loin.
C'est ce qu'explique la Lettre de Kavali. Près des deux tiers des patients doivent subir la trithérapie (A Kavali, c'est le tiers des patients). On croyait avoir touché le fond à Kavali, mais on ne connaissait pas le dénuement de Kandukur, où la moyenne des patients est plus âgée. L'accent sera mis davantage sur cette région dans les mois à venir.

Un autre problème est celui des enfants. Les deux centres réunis n'ont reçu que 44 d'entre eux (pour 544 patients, qui doivent totaliser entre 700 et 1.000 enfants). Sur les 36 ont reçu le test CD4, onze sont sous ARV.

Les parents refusent de montrer leurs enfants. Ils préfèrent sans doute ne pas savoir. C'est trop rude de penser qu'ils peuvent les perdre, et si HELP les sauve, quelle vie les attend ? Orphelins peut-être, mais à coup sûr, exclus de la société. D'ailleurs, avant toute chose, ce qui compte, c'est le riz de chaque jour.



Atelier H3K

Les femmes de H3K ont fait des progrès étonnants depuis quelques mois. Elles seront autonomes pendant les mois que Catherine passera en France. Elles ont vécu avec d'autres des moments intenses à la plage ;




HELP FRANCE La Nouaillé 12200 La Rouquette